Article: Bourrienne Paris X x Charles de Vilmorin : une rencontre entre héritage et couture

Bourrienne Paris X x Charles de Vilmorin : une rencontre entre héritage et couture
Bourrienne Paris X et Charles de Vilmorin signent leur première collection commune : une rencontre évidente entre patrimoine et création contemporaine, entre la rigueur de la chemise blanche et la liberté de la haute couture.
D’un côté, Bourrienne Paris X : un savoir-faire parisien hérité du Directoire, une exigence portée sur la coupe, la matière et le détail.
De l’autre, Charles de Vilmorin : une couture instinctive, libre et expressive.
Là où les deux univers se rejoignent, c’est dans une même attention portée à l’essentiel : la qualité d’une étoffe, la précision d’une ligne, la justesse d’un geste.

Un héritage ancré dans l’histoire
Tout commence à l’Hôtel de Bourrienne, rue d’Hauteville. À la fin du XVIIIᵉ siècle, Fortunée Hamelin y tient les salons les plus prisés de l'époque. Figure emblématique du Directoire, elle incarne une génération de femmes qui redéfinissent les codes de l’élégance après la Révolution.
Les silhouettes s’allègent, les contraintes disparaissent, l’allure devient plus libre. On raconte d'ailleurs que Fortunée Hamelin avait choqué tout Paris en se baladant sur les Champs vêtue d'une robe chemise transparente. La chemise, jusqu’alors dissimulée, s’impose comme une pièce centrale du vestiaire féminin.
C’est cet esprit de liberté et de modernité que Bourrienne Paris X fait vivre, saison après saison.

Une collaboration évidente
La rencontre avec Charles de Vilmorin s’inscrit naturellement dans cette continuité. Le Directoire n’était pas une époque sage, mais un moment d’audace, de fête et de réinvention.
Sa couture en prolonge aujourd’hui l’énergie : spontanée, expressive, affranchie des cadres.
De cette collaboration naissent quatre pièces de prêt-à-porter, accompagnées de trois pièces de haute couture développées en marge de la collection.
Chaque modèle porte le nom d’une Merveilleuse — Joséphine, Thérésa, Juliette, Fortunée — comme un écho à ces femmes qui ont fait du vêtement un espace d’expression et d’émancipation.
Quatre pièces, quatre figures du Directoire
La robe JOSÉPHINE
Pièce maîtresse de la collection, la robe Joséphine s’inspire de Joséphine de Beauharnais, qui fit de la simplicité une signature.
Joséphine de Beauharnais impose une allure nouvelle, faite de retenue et de légèreté. Loin des apparats de l’Ancien Régime, elle privilégie des lignes plus fluides, presque instinctives, qui redéfinissent la silhouette féminine.
La robe JOSÉPHINE en porte l’écho : une présence douce, mais affirmée.
Le col haut, les épaules affirmées et les manches bouffantes structurent la silhouette. Le corsage, travaillé par des découpes précises, se resserre grâce à un système de liens croisés — une interprétation contemporaine du corset, libérée de toute rigidité.
La jupe, ample et froncée, accompagne le mouvement avec une ligne plongeante de l’avant vers l’arrière.

Le plastron THÉRÉSA
Thérésa Tallien incarne l’audace du Directoire. Figure libre, provocante, elle fait du vêtement un terrain d’expression, n’hésitant pas à bousculer les conventions pour imposer une nouvelle idée de la grâce.
THÉRÉSA prolonge cet esprit : une pièce pensée comme un geste, entre affirmation et sensualité, où le corps se révèle autant qu’il se structure.

La chemise JULIETTE
Juliette Récamier est l’image d’une élégance plus silencieuse. Son style, épuré, presque retenu, devient une référence — une manière d’exister sans jamais forcer le regard.
JULIETTE s’inscrit dans cette lignée : une pièce ouverte, à interpréter, qui laisse place au mouvement et à l’appropriation.

La chemise FORTUNÉE
Fortunée Hamelin, muse du Directoire et de la Maison Bourrienne Paris X, incarne une liberté assumée, presque insolente. Elle fait du paraître un art, du vêtement un langage, du détail une signature.
FORTUNÉE en reprend l’élan : une silhouette expressive, où le volume devient une prise de parole.

Une création collective
Cette collection est le fruit d’un dialogue entre plusieurs regards.
Charles de Vilmorin en signe la direction artistique et insuffle son geste.
Cécile Faucheur en assure la cohérence à travers le choix des matières, la coupe et les finitions.
Nikita Vlassenko apporte le stylisme et l’énergie du projet.
Carine Beigbeder en structure le développement et accompagne son lancement.
Ensemble, ils donnent naissance à une capsule où passé et présent dialoguent avec justesse.

Une vision du vêtement
Plus qu’une collection, Bourrienne Paris X x Charles de Vilmorin propose une vision : celle d’un vêtement pensé comme un espace de liberté.
Entre héritage historique et écriture contemporaine, la chemise y retrouve toute sa force — à la fois pièce de structure et terrain d’expression.











