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À l’origine, il y a le blanc

By août 5, 2021août 6th, 2021Culture

À l’origine, il y a le blanc

 

Bourrienne Paris X vous emmène à la source de son univers immaculé. Depuis ses débuts en 2017, notre marque a pris le parti de confectionner uniquement des chemises blanches. Le choix du blanc pour nos chemises est loin d’être anodin. Que l’on admette qu’il s’agisse d’une couleur ou non, on ne peut nier son universalité et la charge symbolique forte que le blanc revêt. De la préhistoire à nos jours, dans la religion, l’art ou encore la société, on peut dire que le blanc en a vu de toutes les couleurs.

Le blanc : couleur ou pas ? Telle est la question

 

Considéré comme une couleur par certains ou non par d’autres, le blanc est teinté d’une ambivalence intrinsèque qui contribue à sa fascination.
D’un point de vue scientifique, la couleur découle de la perception de la lumière renvoyée par un objet qui est exposé à un rayonnement lumineux. Sur le plan optique, le blanc se définit comme la combinaison de toutes les longueurs d’onde de la lumière. Il ne s’agirait pas d’une couleur à proprement parler, car elle ne possède pas de longueur d’onde. Mais, avancer un tel argument reviendrait à dire que le magenta, non plus, ne serait pas une couleur dans la mesure où il ne possède pas de longueur d’onde à part entière et ne s’obtient que par l’association du bleu et du rouge.
Du point de vue des artistes, spécialement les peintres, le blanc est une couleur au même titre que les autres. En colorimétrie, l’étude des couleurs, le blanc correspond à la plus lumineuse teinte des gris. L’utilisation du blanc dans la représentation picturale remonte à la préhistoire durant laquelle nos ancêtres se servaient des matériaux crayeux pour dessiner des animaux sur les parois des grottes. Tout au long de l’histoire de l’art, le blanc s’est imposé lentement mais sûrement; jusqu’à représenter un véritable objet d’étude par les peintres de l’abstrait du début du XXe siècle, tel que Malévitch ou encore Kandinsky pour qui le blanc “agit sur notre âme comme le silence absolu”.

 

Les symboliques du blanc dans le monde

 

C’est au cours de l’Antiquité que le blanc a progressivement été associé à une symbolique particulière. Le blanc, lumineux et éclatant, s’oppose au noir, sombre et menaçant, dans beaucoup de cultures et croyances, à tel point qu’il s’est formée une sorte de manichéisme chromatique de la perception du monde, le blanc contre le noir, le bien versus le mal, la paix versus le chaos.

 

Le blanc spirituel

En Egypte, les hommes et les Dieux sont représentés en habit blanc sur les papyrus. Le blanc est associé au faste, la joie et la pureté nécessaire pour les rites religieux, notamment celui d’Isis.
Chez les Romains, l’usage du blanc entrait aussi dans la célébration de rites. Il était porté par les prêtresses de la déesse du foyer, Vesta, en signe de loyauté, pureté et de chasteté.
Dans la religion chrétienne, le blanc incarne également une symbolique forte, celle de la transfiguration du Christ. Cette association du blanc avec la transformation divine du Christ après sa mort est sans doute l’une des raisons pour lesquelles, pendant longtemps, le blanc était porté en signe de deuil par les reines de France. Cela change à la fin du XVe siècle, où la reine Anne de Bretagne impose le noir pour l’enterrement de son premier enfant en 1495.
Dans d’autres cultures orientales, notamment en Inde, Chine ou encore au Japon, le blanc était et continue lui aussi d’être associé au deuil. Là-bas, l’emphase est portée sur le passage de l’être défunt dans le repos éternel, dans la lumière.

 

Le blanc de la paix

L’utilisation du blanc dans la finde conflits armés remonte à l’Antiquité. C’est en l’an 69 que le blanc est utilisé pour la première fois comme étendard de paix, mettant fin à la guerre civile opposant les partisans de Vittelius et ceux de Vespasien, tous deux prétendant au titre d’empereur à l’époque. Habituellement, les soldats romains brandissent leurs boucliers en signe de reddition. Cependant, comme le raconte l’historien Tacite, les partisans de Vitellius, acculés par leurs rivaux, avaient dû abandonner leur équipement alors qu’ils battaient en retraite. Le seul moyen pour eux de communiquer leur abandon du combat fut de brandir leurs bandes molletières blanches, un tissu qui servait à protéger les mollets, dans les airs. Dès lors, le blanc revêt une symbolique de paix.
Il faudra cependant attendre la Renaissance pour que l’étendard blanc s’impose comme le marqueur de la fin des conflits armés. Cela tient des mutations des conflits et de l’utilisation plus massive des armes à feu dont le bruit couvrait celui de la chamade, le signal sonore auparavant utilisé pour cesser les hostilités. Grotius dans son essai sur Le droit de la guerre et de la paix (1625) désigne alors le blanc comme “le signe qu’on demande à parlementer”. Cette pratique passe progressivement du droit coutumier au droit conventionnel de la guerre. Le statut de l’étendard blanc comme symbole de capitulation est officiellement reconnu par la Conférence Internationale de la Paix en 1899.

 

Le blanc, d’un élément de distinction sociale par le vêtement

 

Dans l’univers du textile, le blanc correspondait pendant longtemps à une exigence de propreté. Cependant au fil des siècles, le blanc est devenu un vecteur de structuration sociale à travers son utilisation dans les habits.

 

Le blanc, symbole de propreté

Pendant des siècles, toutes les étoffes qui touchaient le corps, les draps, le linge de toilette et l’ancêtre des sous-vêtements, se devaient d’être blanches, pour des raisons d’hygiène. Le blanc était assimilé au propre; le noir, au sale. La prédominance du blanc dans la toilette intime découlait aussi de raisons pratiques : on faisait bouillir les étoffes pour les laver, notamment celles de chanvre, de lin et de laine, celles-ci avaient tendance à perdre leur teinte. Le blanc, lui, était la couleur la plus stable et la plus solide.

 

La société structurée par le blanc

Déjà, dans la Rome antique, les citoyens se devaient de porter la toga virilis, la toge virile, qui était blanche.
Si à l’origine les vêtements blancs sont réservés à la sphère privée, ils sortent progressivement du placard pour être arborés avec fierté au grand jour. Comme nous l’avons déjà évoqué dans notre article dédié à l’histoire de la chemise blanche, celle-ci s’est convertie en un marqueur social indéniable à partir de la Renaissance. Seuls les plus riches pouvaient se permettre de porter du blanc grâce à un système de rotation dans leur garde-robe qui leur permettaient de revêtir des chemises blanches pendant que les autres étaient au lavage. Cette pratique est d’ailleurs à l’origine de l’expression “cols blancs”, désignant la classe bourgeoise et intellectuelle, en opposition au col bleu des ouvriers.

 

Le blanc chez Bourrienne Paris X

 

Tirant son inspiration dans les salons littéraires de la fin du XVIIIe siècles, l’univers immaculé de Bourrienne Paris X ravive l’esprit de ces politiques, artistes, écrivains débattant en chemise blanche, multipliant les effets de manche.
Le blanc chez Bourrrienne Paris X rend hommage aux esprits libres de ces hommes et ces femmes incarnant l’émancipation intellectuelle et créative. En adoptant le blanc, Bourrienne Paris X renoue également avec ses symboliques phares, notamment la pureté et le raffinement. Telles des toiles vierges, nos chemises blanches, riches de détails, sont faites pour laisser libre cours à votre imagination, pour exprimer votre personnalité en toute singularité. La simplicité comme gage d’élégance suprême, voici la promesse que renferme chacune de nos pièces, un retour à l’essentiel qui nous semblait important de cultiver à travers notre univers.
A l’origine, il y a le blanc, sans quoi nous aurions été incapables d’apprécier la beauté colorée du monde qui nous entoure. Maîtresse de toutes les nuances, le blanc représente pour nous le fondement de toutes créations.