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La maison Albert Guégain

By mai 18, 2021Savoir-Faire

Guégain : une maison qui fait dans la dentelle

 

Du 6 au 11 avril 2021, se tenait la 15e édition des Journées Européennes des Métiers d’Art (JEMA). Créée en 2002 par l’Institut National des Métiers d’Art (INMA), cette manifestation alors connue sous le nom de Journées des Métiers d’Art n’avait lieu qu’en France. Aujourd’hui, ce sont 18 pays européens qui prennent part à cet évènement. L’objectif de ces journées est de mettre en valeur les savoir-faire artisanaux hérités d’hier et réinventés aujourd’hui pour notre plus grand plaisir.
A cette occasion, Bourrienne Paris X souhaite mettre à l’honneur la maison Albert Guégain spécialisée dans la broderie à la machine.

 

Bourrienne Paris X et Guégain, unis par les liens de la tradition

 

La rencontre entre Bourrienne Paris X et Guégain s’est faite il y a un peu plus d’un an, lors d’un salon “Première Vision” à Paris alors que la collection « Jardin d’Artistes » était en train de prendre forme. Cécile Faucheur, notre directrice artistique, était en quête d’un artisan pour confectionner des galons reprenant le décor des frises que l’on peut retrouver à l’hôtel de Bourrienne. Il lui tenait à cœur qu’il s’agisse d’un artisan brodeur du Nord de la France. Venant elle aussi de cette région, notre créatrice connaît très bien l’importance historique et la qualité des broderies qui y sont réalisées. C’est ainsi que nos modèles BOUDOIR, POETESSE, DIVINE ou encore IMPERATRICE de la collection “Jardin d’Artistes” se sont retrouvés ornés de ces broderies fines et chargées d’histoire, façonnées avec passion par la maison Albert Guégain située à Villers-Outréaux.

 

Villers-Outréaux, terre de brodeurs depuis le XVIIIe siècle

 

La broderie à Villers-Outréaux est une affaire de plusieurs siècles. C’est à la fin du XVIIIe siècle que la culture de la broderie s’implante durablement dans ce village. Si l’été était propice au travail de la terre, le temps de l’hiver, les paysans se faisaient mulquiniers – artisans tisserands – et occupaient leurs journées en tissant dans les caves. Ils réalisaient ainsi différents types d’étoffes fines et légères comme la batiste, le linon ou encore la gaze. Les habitants du village se tournent de plus en plus vers cette activité, car plus lucrative, et en font une spécialité communale. Progressivement le travail de la broderie s’intègre à leur œuvre et gagne aussi en réputation. Le XIXe siècle, avec ses innovations techniques, va bouleverser le milieu textile du Nord de la France, notamment celui de la broderie, avec l’apparition des machines à broder. A Villers-Outréaux, la quasi -totalité des machines à broder sont fournies par la maison Saurer, industriel textile suisse depuis 1853.

Retour sur la genèse de la maison Albert Guégain

 

L’histoire de la maison remonte au début des années 1950. Albert Géguain, auparavant à la tête d’une laiterie, décide de rentrer dans son village natal de Villers-Outréaux pour s’acheter un métier à broder. Il renoue ainsi avec la tradition si caractéristique de cette commune du Nord de la France. C’est dans ce village du Nord de la France qu’est née la tradition de la broderie à la machine popularisée dans les années 1870 suite à la création de la première machine à broder de l’industriel textile suisse, Adolphe Saurer. Ce sont sur des machines Saurer que les premières broderies d’Albert Guégain ont vu le jour. Si les outils de production ont été modernisés depuis, la tradition demeure, portée par l’innovation. L’atelier est aujourd’hui équipé de métiers informatisés dernière génération. Il dispose de deux types de métiers. D’un côté, l’on retrouve les métiers munis de têtes pour réaliser des découpes au laser. De l’autre, les métiers munis de têtes pour pose de soutaches ou fils paillettes. Ces différentes méthodes de broderie permettent de mieux répondre aux exigences de leurs clients particuliers ou ceux issus des milieux de la haute couture, du prêt-à-porter de luxe voire même de l’industrie cinématographique. La maison de broderie a été mandatée pour réaliser des broderies pour les costumes du troisième volet de la saga Star Wars (2005) et plus récemment pour la série Netflix à succès, La Chronique des Bridgerton (2020).

Auparavant, les brodeurs de l’atelier se succédaient de père en fils et ce, pendant trois générations. A l’heure actuelle, les brodeurs sont formés au sein de l’entreprise directement, les écoles de la région ayant fermé. L’atelier est actuellement composé de 35 personnes passionnées dont la créativité, le dynamisme et la réactivité font de Guégain un partenaire exceptionnel.

De l’idée à la conception, le fil d’Ariane d’une broderie chez Guégain

 

Réaliser une broderie nécessite plusieurs étapes. Il faut d’abord rechercher des idées pour les dessins dans les archives, les musées, la nature, l’architecture… Une fois l’idée arrêtée et le dessin trouvé, il faut passer à la mise en forme pour l’adapter à un format brodé. L’atelier dispose de 5 personnes chargées de la création pour cette tâche. Chaque année, la maison produit près de 1000 dessins uniques par an ! Une fois le dessin fait, il est repris sous formes de points, on parle alors de la “mise en carte”, ensuite il faut le rendre en point (le piquage). Suivant la grandeur et la complexité du dessin entre 8 et 72 heures sont requises pour réaliser un dessin avant de le broder. Une fois sur la machine, il peut rester de 24 à 48 heures sur la machine suivant l’importance du métrage (la longueur du tissu à broder) du nombre de points. C’est via ce procédé que nous avons pu réaliser les galons de nos chemises blanches.

Notre marque a développé à ce jour deux galons différents: l’un reprenant un motif fleuri comme sur la chemise DIVINE, l’autre, un motif arabisé comme sur la chemise POETESSE. Ces motifs nous sont directement inspirés des frises ornant l’Hôtel de Bourrienne, plus précisément du boudoir où se trouvait la salle de bain à l’époque.

A l’instar de Bourrienne Paris X, l’atelier Albert Guégain navigue entre le passé et le présent en ayant toujours un œil sur le futur. Aujourd’hui tenue par le petit-fils du fondateur, la maison Guégain n’en a pas fini de nous émerveiller par ses réalisations raffinées.