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Portrait de Christel, modéliste pour Bourrienne Paris X

By avril 1, 2021avril 16th, 2021Savoir-Faire

À la découverte du métier de modéliste avec Christel, faiseuse de patrons pour Bourrienne Paris X

 

Direction le Sud de la France pour une rencontre avec Christel Ughetto, modéliste pour notre marque Bourrienne Paris X. Christel fait partie de la famille Bourrienne depuis le lancement de la marque en 2017. C’est elle qui, avec la directrice artistique Cécile Faucheur, contribue à la conception de chacune de nos chemises blanches collection après collection. Elle passe de longues heures dans son atelier près de Cannes où elle étudie, découpe, monte et démonte manches, poignets, plastron et autres éléments signatures de nos chemises pour un rendu impeccable, toujours. Bourrienne Paris X vous emmène dans les coulisses de la création avec Christel.


 

Qui êtes-vous et quel est votre background dans la mode ?

 

« Je suis Christel Ughetto, modéliste depuis 35 ans. J’ai commencé à travailler pour la marque Façonnable et j’ai été tout de suite chargé de la réalisation des chemises. Là-bas, j’ai eu la chance de rencontrer un grand styliste qui m’a donné le goût des matières. Il m’a appris à discerner les bonnes matières, comment elles réagissent. Avec la coupe, la connaissance des matières et des tissus est extrêmement importante. Aujourd’hui, je travaille en freelance dans mon atelier à proximité de mon domicile, dans le Sud de la France. C’est assez marrant de retrouver mes premières amours en réalisant les patrons des chemises de Bourrienne Paris X. »

 

En quoi consiste le métier de modéliste ?   Quelle est la place du/de la modéliste dans le processus de création ?   A quel moment intervient-il/elle ?   Quels apports faîtes-vous dans la conception d’un modèle ?

 

« Le modéliste crée le patronage des vêtements et les prototypes à partir des dessins du styliste. Je suis le maillon entre la création et la production, c’est-à-dire que je concrétise la vision du styliste et je dois tout faire pour l’industrialiser pour qu’on puisse le fabriquer. Il faut donc réussir à lire le dessin fourni par le styliste pour créer le patronage du modèle. Le modéliste et le styliste travaillent en tandem. »

Comment le devient-on ?  Quelle est la formation ?

 

« Il faut bien sûr suivre une formation spécifique en école. Mais au-delà de cela, il faut être très curieux, aimer le vêtement, les tissus, la coupe, avoir un esprit logique et bien sûr avoir une fibre créative. »

 

Quelles sont les principales techniques utilisées dans la conception d’un modèle ?

 

« Il existe 2 manières de travailler le modélisme. On peut le faire par la coupe à plat, c’est-à-dire en 2D sur du papier, ou alors le faire en 3D directement en moulage sur un mannequin en bois ou stockman ce qui nous permet d’avoir une vision plus directe des volumes du modèle. »

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir cette voie ?

 

« Au début, je ne pensais pas forcément au modélisme comme choix de carrière. J’aimais le stylisme. Mais quand je suis arrivée à l’école, j’ai découvert ce métier et ça a été une révélation. J’avais trouvé ma voie. J’adore faire les patronages, rendre concret une idée. »

 

Avez-vous une spécialisation particulière ?

 

« Dans le modélisme, il existe deux champs distincts. D’un côté, il y a ce que l’on appelle la partie tailleur qui concerne toutes les pièces “construites” assez rigides et droites qui nécessitent que l’on suive des règles et un cadre précis comme les vestes, les pantalons etc… De l’autre, il y a le flou qui concerne les pièces plus libres, plus artistiques aux volumes vaporeux avec peu de structure comme les robes où le moulage est plus abstrait. Là où je me sens à l’aise, c’est dans tout ce qui va être de l’ordre du tailleur. »

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce métier ?  La création ?  L’échange avec les partenaires ?

 

« C’est lorsque je rencontre une difficulté pour trouver un volume et que je réussis à trouver la solution pour parvenir au résultat recherché. »

 

Pour quels types de clients réalisez-vous des modèles ?  Des particuliers ?  D’autres maisons de luxe ?

 

« Je suis modéliste freelance ce qui me donne pas mal de liberté sur le choix de mes clients. Il y a un peu de tout, des particuliers et quelques maisons et marques de luxe dont Bourrienne. »

 

Quel est votre lien avec la marque Bourrienne Paris X ?  ? Comment l’avez-vous connu et comment êtes-vous venue à travailler avec elle ?

 

« Avant tout, c’est une histoire d’amitié avec Cécile (Faucheur, ndlr) qui a été mandatée pour étudier un projet de vêtement et elle s’est dirigée vers la chemise. Evidemment, elle m’a appelée au secours [rires] et j’ai tout de suite adhéré à cette idée. Déjà le fait de travailler avec une amie et le projet m’a énormément plu, il y avait tout à faire et l’aventure continue. Cela me plaît beaucoup ! »

 

Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans votre partenariat avec la marque ?

 

« L’échange, la motivation de toute l’équipe, un esprit de famille et l’histoire que l’on écrit depuis le début ensemble. C’est une participation collective. »

 

Combien de temps prend la conception d’un modèle ?

 

« Tout dépend de la difficulté du modèle. Ça peut nécessiter une journée de travail, voire deux. Il faut du temps pour trouver la meilleure approche, il faut recommencer parfois. Il ne faut pas hésiter à faire des essais et tenter des choses. »

 

Quelles sont les étapes de création pour un modèle ?

 

« D’abord, il faut déterminer le volume avant de mettre les détails. C’est primordial. Il y a une histoire de proportion à respecter pour que le résultat soit le plus fidèle possible à l’idée de base. »

 

Sur quels modèles avez-vous aimé travailler le plus depuis le début de votre collaboration avec Bourrienne ?

 

« La chemise CASANOVA de la prochaine collection automne-hiver 2021 était assez intéressante et assez nouvelle. Mais surtout, j’ai eu beaucoup d’enthousiasme à travailler sur la conception de la manche en épi de la chemise POETE. Cette chemise m’a donné du fil à retordre, mais c’était passionnant ! La recherche mais surtout la réalisation d’un patronage qui peut ensuite être utilisé par l’usine qui assemble les chemises. La finalité n’est pas de créer un patronage que tout le monde peut faire chez soi, il faut qu’il soit réalisable en usine, il faut que l’industrie suive. »

Quels conseils donneriez-vous à un(e) jeune qui souhaite devenir modéliste ?  Quelles sont les bases à avoir pour être un(e) bon(ne) modéliste ?

 

« Il faut avoir de la patience et aussi beaucoup de curiosité. Un modéliste c’est quelqu’un de logique mais qui a un côté créatif. Parfois, il faut savoir lâcher prise et ne pas être trop rationnel. Le modéliste dépend de beaucoup de choses, notamment des matières, des tissus. Chaque tissu a ses caractéristiques et réagit différemment lorsqu’on le travaille. Sur certains modèles un tissu peut bien réagir et sur un autre non. »